Le 19 décembre tous les élèves se retrouvent dans l’auditorium de la Grande Galerie du Muséum.
L’objectif est de construire ensemble la question qui sera le sujet d’enquête des élèves à partir de janvier.
Les élèves ont échangé pendant près de 2 heures avec Maëlle Ranoux, sociologue. Ils sont partis de leur constat : le 93 a une mauvaise image et fait peur à ceux qui n ’y habitent pas. Ses habitants sont victimes de discriminations.
Maëlle leur rappelle leurs premiers questionnements : Comment changer la peur / la méfiance que provoque l’image du 93 / la banlieue ? Comment changer l’image du 93 / banlieue ?
Vidéo : le-regard-du-sociologue.mpg
Après avoir constaté que les clichés sont souvent véhiculés par les médias, de l’extérieur donc, la sociologue invite les élèves à s’interroger sur ce qui se passe à l’intérieur du 93 : Ceux qui habitent le 93 déclarent aimer leur cadre de vie pour ses aspects festifs, solidaires, chaleureux, multiculturels, mais dénoncent en même temps la violence et l’insécurité qui y règne.
Des élèves apportent leurs points de vue : Ils sont chaleureux entre eux et en dehors ils se sentent rejetés. Ils se sentent exclus, ils se referment dans leur communauté. Alors il y a de la violence. Peut-être ils n’arrivent pas à s’intégrer. Ils essaient de faire passer un message par la violence. Ils se sécurisent en créant de l’insécurité chez les autres.
La sociologue demande aux élèves de définir tout ça : ils, c’est qui ? Une communauté, c’est quoi ?
Les élèves remarquent aussi que ces problèmes ne sont pas liés qu’au 93 mais d’une manière générale à certaines banlieues sensibles. Ils débattent entre eux de l’importance de la communauté qu’ils définissent comme un groupe de personnes qui vit la même chose, qui vient du même milieu social, avec le même niveau de vie, où les gens se connaissent entre eux. Ce peut être des gens du même quartier ou des gens d’une même religion.
Les élèves s’interrogent ainsi sur l’unité d’un groupe. Ils estiment que parfois, ces gens sont rejetés et sont donc repliés sur eux-mêmes, ils cherchent à se protéger. Les élèves tentent de définir ce ILS : pour les élèves, ce sont des personnes issues de l’immigration. Certains élèves précisent qu’il y a des personnes issues de l’immigration et ça se voit physiquement, et d’autres non. Il y a donc plusieurs types d’immigration.
A l’issue de ce débat, le comité de pilotage du projet propose aux élèves de choisir entre ces deux questions :
1. Quelle est l’influence de mon territoire sur mon parcours de vie ?
2. Est-ce que dans le 93, je suis chez moi ?
Les élèves souhaitent préciser des choses : l’influence de mon territoire, c’est comment les images, les clichés construits sur le 93, mais aussi comment la communauté à laquelle j’appartiens va influencer mon parcours de vie, ma mobilité sociale, c’est-à-dire mon avenir social et professionnel.
Pour la deuxième question, ils préfèrent en reformuler une : Pourquoi je me sens chez moi dans le 93 ? et qui renvoie à la question identitaire des habitants des banlieues.
Et puis, voici Armelle qui prend la parole… En citant l’exemple d’Alice au Pays des Merveilles, elle nous propose de nous interroger sur la manière dont les gens du 93 se construisent un univers à eux, où ils se sentent bien, qui leur appartient, avec ses codes, ses usages, parfois sa violence, qui les rassurent mais qui en même temps crée une image source d’exclusion et de discrimination.
Ainsi, Armelle, élève en seconde de Vaujours, nous propose une autre question : Pourquoi et comment les gens du 93 se créent un monde qui leur appartient / où ils se sentent bien ?
Les élèves votent et voici les résultats :
Question 1 : Quelle est l’influence de mon territoire (images, communautés etc.) sur mon parcours de vie ? : 14 voix
Question 2 : Est-ce que dans le 93, je suis chez moi ? (Pourquoi je me sens chez moi dans le 93 ?): 4 voix
Question 3 : Pourquoi et comment les gens du 93 se créent un monde qui leur appartient / où ils se sentent bien ? : 19 voix
Merci donc Armelle pour ta proposition qui est votée par une majorité d’élèves.
Et voici quelques pistes ou points de vue évoqués par les élèves dans leur bulletin de vote : c’est une question qui englobe beaucoup de problèmes du 93 ; elle parle de plusieurs thèmes importants : solidarité, discrimination, violence ; pour moi la violence montre un monde qui leur appartient, ils s’y sentent bien aussi car ils se connaissant et agissent ensemble ; je souhaite prendre la 3 car elle représente bien les problèmes du renfermement et l’image que les gens et les jeunes du 93 veulent montrer ; les gens se créent une identité parfois fausse. Ce monde est peut-être un cliché… ; parce qu’ils restent dans leur monde, ils n’osent pas dialoguer avec d’autres personnes…
Première piste de travail qu’on a abordé aussi : de qui parle t-on ? Des gens du 93 ? Des jeunes du 93 ? C’est qui les jeunes du 93 ? …..
En attendant de répondre à toutes ces questions passionnantes et pertinentes, nous vous souhaitons de très bonnes fêtes et vous donnons RDV en 2008 !
Un exercice périlleux d’échanger virtuellement sur ces sujets!
Des échanges intéressants néanmoins précisent les pistes : madame je pense que trop de gens critique le 93 parce qu’il voiyent aux info je pense que les info préne que le movais coté et je pense qu’il devrait y avoir plus de gens qui viennent visité le 93 ou découvrire,et pour qu’il y ait plus de gens j’aimerais bien voir des musé ou autre chose ds le 93
trop de cliché TUE le 93 et donne une forte et mauvaise images de nou qui est surtou dégager par les midia et ki né par forcémen vraie!!! mais il ya aussi des habitan du 93 ki fon en sorte de donner cette mauvaise image ce ki é domage,montré cet image nous enfonce encor plus !je pense que tous ce ki on d préjuger sur le 93 telle ke les cliché! devré vivre la ou nous vivon et ils auront forcémen une autres image apré! mé je ne di pa non plu qu’ils auront une image tré positive ou tré négative il ya des bon coté comme des mauvais coté!! les auteurs de ces clichés son certes les média et autres mais avant tou c’est “nous” qui donnons cette mauvaise image du 93. et les média enplifi cette mauvaise image
Des questions se précisent donc :
comment attirer les gens pour qu’ils viennent visiter le 93 et mieux le connaître ?
comment améliorer le 93 et l’image du 93?
comment faire pour que on ne s’intérraissent plus a ce coté négatif
Merci aux élèves de Vaujours d’avoir joué le jeu et bien participé au débat. Pour suivre ces échanges, vous pouvez aller sur le forum. Voici les pistes en cours de “maturation” chez les élèves :
Les images véhiculé par les média sur le 93
Quelles sont les opinions qu’ont les gens extérieurs et intérieurs au 93 à propos du département?
Quel est le rôle des médias ?
Les politiques qui ne veulent pas se rendre dans le 93, dans “les cités” sont-ils responsables ?
Pourquoi y a t-il autant de chômage dans le 93 ?
Comment trouver une solution pour que les clichés disparaissent ou diminuent ?
Comment montrer enfin les évènements positifs qui se déroulent dans le 93 ?
La discrimination
Pourquoi les personnes de couleurs et qui viennent du 93 ont-elles plus de mal a trouver du travail?
Pourquoi il y a toujours de la discrimination ? Sous quelles formes ?
Pourquoi les immigrés sont en plus grand nombre ds le 93 et pas ailleurs en France ?
Comment s’intègrent les immigrés et que fait le gouvernement pour les aider contre la discrimination ?
Quelles sont les sortes de discrimination que l’on trouve dans le 93?
Comment peut on haïr ou détester des personnes ne venant pas du même milieu social ou qui n’ont pas les mêmes origines?
Que peut on faire pour réussir à convaincre ces personnes?
On aimerait savoir si il y a des discriminations différentes entre les communes du 93 ? Quelles sont les sortes de discrimination que l’on trouve dans le 93?
Pourquoi y a t il plus de logements sociaux dans le 93 ?
Et y a t-il plus de discrimination homme/femme dans le 93 que ailleurs ?
Le territoire a t-il une influence?
Nouvelle question proposée : pourquoi les transports ne passent pas ou plus dans certaines citées ?
Le 19 décembre, les élèves des 2 classes participantes vont se rencontrer au Muséum pour échanger et négocier collectivement la question qu’ils souhaitent investir dans le champ de la mobilité sociale.
Auparavant, on débat, on discute, on se pose des questions, on n’est pas d’accord… Pour suivre ces discussions, allez sur la rubrique forum.