Nous avons échangé en direct sur le forum du blog avec les élèves de Fénelon (Vaujours) aujourd’hui mardi 4 décembre de 14 à 17 heures. Ce fut très intéressant et très riche! N’hésitez pas à retrouver cette discussion sur le forum.
Et le rdv est pris avec les élèves du collège Jean Jaurès de Pantin le lundi 10 décembre de 14h30 à 16h30…. Avis à ceux qui veulent participer!
Envoyé par les élèves de Vaujours, un texte extrait du blog du maire de Pantin (www.bertrandkern.net) :
En 2001 : projet d’une piscine ultramoderne dans une ville du 93.
Cette décision s’annonce historique, puisque, dans le sillage de Laure Manaudou, les nageurs tricolores ont une dynamique de victoire.
Philippe Lucas entraîneur de Laure Manaudou a déclaré qu’il craignait que le centre aquatique soit construit en Seine-Saint-Denis, là où les équipements seront « taggés » et rapidement dégradés.
Une fois de plus, un cliché de « taggeurs et voyous » dans le 93 !
Il ne semble pas que l’installation du Centre National de la Danse à Pantin ou l’emplacement du Stade de France à Saint-Denis aient conduit à la dégradation de ces sites. Ces équipements sont toujours là et en bon état de marche.
Cela montre la stupidité qu’ont parfois certaines personnes, qui se font de fausses idées en se basant que sur des clichés.
Le Maire de Vaujours ne veut pas de logements sociaux, les Valjoviens travaillent plutôt vers Paris. Il n’y a presque pas de petits commerces, et aucunes grandes surfaces. Très peu de gens sont des étrangers dans Vaujours.
C’est grâce à Placoplâtre et au gypse que la ville est riche.
Il y a un projet pour Vaujours : la ZAC (Zone d’Aménagement Concentré). Il y aura de nouveaux immeubles et habitations individuelles pour accueillir environ 1700 habitants et il y aura aussi un centre commercial qui sera créé en 2015. De nouveaux espaces verts vont être créé pour être dans le même esprit que Vaujours ( c’est-à-dire une ville tranquille en seine saint denis….). De nouveaux pavillons seront faits en HQE (Haute Qualité Supérieure). Le taux de chômage est différent selon les villes.
Dans les villes, ou il y a le plus de cités, de logements sociaux, le taux de chômage est plus élevé.
De plus il y a beaucoup plus de gens sans qualifications dans les villes ou il y a des logements sociaux.
« Deux incendies du bus de Sevran face aux juges. » (article extrait du Parisien - 23 oct. 2007)
Un bus a été vandalisé : « il a été transformée en torche par une quinzaine d’assaillants encagoulés ». L’image que véhicule l’article est celle de la violence urbaine : un autobus de la ligne 15 a été transformée en torche, et le guet-apens aurait pu faire un mort. Cet acte est d’origine criminelle car une flaque d’essence a été déversée, et une personne hospitalisée.
« La colère gronde à la Cité Basse. » (article extrait du Parisien - 23 oct. 2007)
Une balle qui a traversé une salle de classe à la Cité Basse.
L’image que véhicule l’article est celle de la violence, des armes, de la drogue : « Ce n’est pas le shit qui nous attaque, ce sont les armes », « Si on intervient sur le trafic de stups, on interviendra aussi de fait sur les armes, puisque qu’on interviendra sur la rivalité entre les bandes. », « Ca fait quinze ans que sa dure. », « 629 affaires de stupéfiants depuis le début de l’année sur Sevran, 40 affaires lors desquels des armes de gros calibres ont été trouvées, 70 policiers blessés à Sevran depuis janvier, 12 à 15 personnes arrêtées chaque soir dans la ville pour trafique de stupéfiants, […] La Police ne peut plus rien. »
« La CGT réclame la régularisation d’une centaine de salariés sans papiers. » (Le Parisien, Seine-Saint-Denis, Mardi 30 Octobre 2007, Montreuil):
Cet article nous explique qu’une centaine de sans papiers n’ont pu avoir leur régularisation alors qu’ils fournissent le même travail et les mêmes efforts que les travailleurs possédants la nationalité française. Ces personne « ont largement contribué à l’économie française » et son donc sensé être régularisés car a partir du moment où il occupent un emploi ou présentent une promesse d’embauche, l’état est sensé remplir cette action.
Dans cet article il n’y a pas seulement que le texte qui véhicule un cliché. La photo elle aussi nous montre un des principaux cliché du 93 : un groupe de personnes noires est réuni autour d’une table, alors que les noirs ne sont pas les seuls concernés par le fait d’être sans papier.
Le texte quant à lui véhicule un cliché qui se trouve être faux puisque son but est de nous montrer qu’il y a un nombre élevé de sans papiers dans le 93 et que c’est un problème qui ne concerne que ce département. Ce genre d’articles répétés ne fait que créer des clichés négatifs sur un département qui n’en a pas besoin.
En allant voir le travail de certains classes de l’année dernière, les élèves précisent d’où viennent les clichés.
Les médias renvoient du département, comme étant la cité de la peur, de la drogue et du racket.
54,4% de la population interrogée a fait le choix de s’installer sur le département. Pour un endroit qu’on d’écrit comme vivant dans un climat d’apocalypse perpétuelle et ou ni la police ni les journalistes osent s’aventurer.
Il n’y a que 15% de la population du 93 qui déclare s’y sentir mal et 85% de s’y sentir bien. Beaucoup disent que les médias amplifient ce phénomène. Les personnes hors du 93 connaissent par (la t.V, la radio, les journaux…) ou par des relations.
Pour la plupart ils ne souhaitent pas y vivre car ils ont une image négative du département, ils ne la trouvent pas accueillante. Les personnes extérieurs on un sentiment d’insécurité, de laideur, et de pollution.
Les différents acteurs de cette stigmatisation sont :
Tableau des points positifs et négatifs de la Seine st Denis.
Clichés positifs :
Clichés négatifs :
Définition du cliché : image positive ou négative que l’on se fait du 93 à partir d’observations personnelles et des médias.
Les clichés positifs :
Les clichés négatifs :
Les gens qui y habitent :
milieu défavorisé, inégalité dans la population, beaucoup d’étrangers et sans papier, problèmes entre blancs et noirs, racisme, personnes rejetées par la société, les gens croient que les habitants des cités sont coupables de tout, discrimination à l’embauche en fonction de la couleur de peau, des origines, les jeunes ont du mal à trouver du travail, jeunes à problèmes, jeunes mal élevés.
Les conditions de vie :
Beaucoup de cités, de HLM, tours, cités dangereuses, quartiers riches à côté de quartiers pauvres, cités sales et mal entretenues, image véhiculée par les médias ne donnant pas envie d’y habiter, ghetto, manque d’espace, milieu défavorisé, pollution par les usines, mauvais entretien des lieux publics.
Climat social :
conflits physiques entre l’Etat et le civil (le peuple), seul dialogue la guerre, pas un bon exemple en matière de lutte contre la discrimination notamment à l’embauche, agitation, émeutes, pauvreté, impression de danger, insécurité, département dangereux, mal fréquenté, image négative sur les jeunes, les policiers ne font plus de rondes
Actes de délinquance :
Certains dégradent, brûlent leurs propres bâtiments, jettent les déchets n’ importe où, vols, agressions, violences physiques, verbales, morales, brûlent les voitures, trafic de drogues, risque de se faire tuer.
La dénomination « 9.3 » fait partie des clichés, seul département appelé ainsi.
Les clichés sont véhiculés, entretenus par les médias.
Voici une enquête sur les différents acteurs sociaux à Vaujours.
Dans cinq ans, le visage de la Seine-Saint-Denis se sera considérablement modifié. »
La Seine-Saint-Denis se rebiffe. Confrontée à une réputation déplorable, sans équivalent en région parisienne ni dans le pays, le département rassemble ses forces vives pour mettre en valeur ses talents, son énergie, sa jeunesse. Le président du conseil général, Hervé Bramy, né en Seine-Saint-Denis, qui y a travaillé avant de se consacrer à ses mandats électifs à Blanc-Mesnil puis à l’assemblée départementale, est à l’origine de l’Appel des 93, quatre-vingt-treize acteurs et personnalités du département qui invitent la population à les rejoindre pour « en finir avec les caricatures et les clichés qui stigmatisent trop souvent ce territoire, sa population et sa jeunesse ». Les signataires, se disent « déterminés à mieux faire connaître sa diversité et la richesse de sa réalité. Nous sommes la Seine Saint-Denis ! » (site internet de l’Humanité).
« La région veut lutter contre la discrimination » (Article du Parisien paru le lundi 5 novembre 2007)
Les élèves continuent d’explorer le thème de la mobilité sociale… Ils vont se rencontrer prochainement, le 19 décembre, pour négocier ensemble la piste de travail commune sur laquelle ils vont travailler à partir de janvier.
Les élèves vont partir interroger des personnes qui travaillent dans le 93 mais n’y vivent pas. L’objectif est de comprendre comment se construisent les clichés sur le 93. Voici le questionnaire élaboré par les élèves avec leur professeur :
1. Avant, quelle image aviez-vous avant du 93 ? Est-ce que vous connaissiez le 93 ? Pantin ? Les Courtillières ? A partir de quoi cette image était-elle construite ?
2. Maintenant : Quelle image avez-vous avant du 93 ? Est-ce que vous connaissez le 93 ? Pantin ? Les Courtillières ? A partir de quoi cette nouvelle image est-elle construite aujourd’hui ?
3. Comment cette image a-t-elle évolué ? Quelle différence ?